Ma première peinture à l’huile
La peinture ne trouve-t-elle pas sa raison d’être dans le partage d’une émotion avec le spectateur ?
Nous sommes d’abord déconcertés par le format paysage plutôt que portrait, puis happés par la force de l’expression dans ce portrait de jeunesse très cher à Gustave Courbet comme à moi-même.
Cette vigueur naît d’un jeu de lumière très contrasté avec les blancs crus de la chemise, les muscles crispés et ce nez qui semble sortir de la toile. La couleur abricot de son sourire et de ses joues apportent une magnifique touche de naturel dans ce masque saisissant d’où ses yeux hagards nous transpercent, nous perturbent, nous hypnotisent dans leur détresse. La touche est rapide et expressive pour laisser la place à l’émotion plus qu’à la finition.
“Avec ce masque riant que vous me connaissez, je cache à l’intérieur le chagrin, l’amertume et une tristesse qui s’attache au cœur comme un vampire”, adressait Courbet à son ami Alfred Bruyas.
Pour cette première peinture, j’ai pris le parti d’agrandir le format de la toile originale afin que le visage soit à la taille humaine, d’où 100 cm x 85 cm, au lieu de 54 cm x 45 cm. Et de raviver les couleurs pour apporter une touche de modernité tout en veillant à restituer l’esprit de cette toile magique.
Tellement content aussi que le Désespéré de Courbet soit à nouveau exposé au musée d’Orsay.
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